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INTERVIEW FRANCK-EMMANUEL COMTE
DIRECTEUR ARTISTIQUE DU CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU

Dernier concert de l’édition 2013 ! Vendredi 16 août 2013 à 21h30 – Mozart sur l’eau

 FVK

Quels liens entretenez-vous avec le festival Labeaume en Musiques ?
Un lien d’amitié tout d’abord, en raison de la grande qualité de l’accueil, du nombre important de concerts donnés et enfin, un lien artistique fort, car à chaque fois, les concerts sont donnés dans des lieux magiques et excellents sur le plan acoustique, ce qui oblige à donner le meilleur de soi-même.

 

Vous allez jouer sur des instruments anciens, pouvez-vous nous en dire plus ?
L’orchestre sera constitué d’instruments anciens dits « classiques » c’est-à-dire dont la facture est contemporaine de Mozart. Cela implique un grand nombre de différences dans la facture des instruments (ex : les trompettes sont dites « naturelles » sans pistons, les timbales utilisent un système ancien de clefs qui permet de tendre une peau d’animal et non synthétique, les trombones sont remplacés par des sacqueboutes à perce étroite, etc….. Le son et le jeu des instruments en sont considérablement modifiés et se rapprochent au plus près de l’esthétique d’époque. Par ailleurs, le diapason est fixé à 430 Hz, c’est-à-dire un quart de ton en dessous du diapason moderne.

 

Qu’est-ce que cela implique pour vous et pour tous les artistes de jouer en plein air ?
Une adaptation nécessaire à une acoustique de plein air peu réverbérante implique un jeu différent, à la fois plus rond et dynamique. Mais le challenge le plus important réside au niveau des instruments anciens qui sont plus sensibles aux variations de température, à l’humidité, etc… Dans ces conditions, maintenir une justesse d’ensemble est une véritable gageure ! Par ailleurs, le risque de rupture de cordes est très important du fait de l’utilisation de cordes non métalliques.

 

Le public va entendre le Requiem de Mozart, œuvre célèbre du compositeur, avez-vous déjà monté cette œuvre ? Qu’est-ce que cela représente pour un chef d’orchestre de diriger une telle œuvre ?
Oui, j’ai dirigé cette oeuvre une douzaine de fois dans les 10 dernières années de ma carrière, mais c’est toujours une grande émotion de diriger cette oeuvre, à la fois puissante et contrastée. La difficulté principale, outre les aléas techniques évoqués précédemment, est de donner une cohésion à l’ensemble, car le Requiem de Mozart est une oeuvre collective réalisée à partir de fragments et d’esquisses mozartiennes.

 

Vous jouez également des œuvres moins connues de Mozart comme le Te Deum ou le Regina Coeli… Pouvez-vous nous en parler ?
La thématique de ce programme étant « Mozart connu, Mozart inconnu », nous jouons en première partie 3 oeuvres de jeunesse. Le Regina Caeli et le Te deum sont des compositions salzbourgeoises brillantes et solennelles où le choeur dialogue avec un quatuor de solistes, dialogue soutenu par un orchestre où les cuivres ont une part prépondérante. Ergo interest est un court motet composé à Milan pour un camarade castrat de Mozart, une oeuvre toute en fragilité et en fraicheur où les cordes accompagnent seules un soprano soliste.