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INTERVIEW DE PHILIPPE CASSARD
par Daniel Mayet, journaliste – extrait de presse – paru dans le Dauphiné libéré le 29/07

cassard

Philippe Cassard, concertiste émérite et animateur, sur France Musique, tous les mercredis, du matin des musiciens se produit en concert à Labeaume, au théâtre de verdure, dans le cadre de Labeaume en musiques, le 1er août à 21h 30. L’occasion de lui poser trois questions.

Lors de la journée qui vous a été consacrée sur France Musique le 19 juin vous avez dit « ma morale de l’interprétation, c’est de ne jamais se laisser aller à des excès narcissiques ». Merci de préciser le sens de ce propos.

Philippe Cassard : Nous ne sommes que des interprètes, de modestes artisans par rapport aux génies qui ont donné naissance à ces chefs d’oeuvre qui nous questionnent toute notre vie. En conséquence, il faut éviter l’esbroufe, l’apparence, le superflu, hélas souvent privilégiés à notre époque. Or le public est intelligent, il n’a pas besoin de brillant pour accéder à l’émotion. Ceci étant, le rôle de l’interprète en concert demeure fondamental. Son ‘’plus’’ c’est son charisme, son jeu, sa sonorité. Certains très grands ont leur signature, Arthur Rubinstein, par exemple. Ils ont la capacité de faire rêver le public, de l’emporter. Voilà les qualités qui singularisent un artiste.

Dans quel état d’esprit êtes-vous par rapport à votre venue à Labeaume, le 1er août ? Philippe Cassard : D’une façon générale, j’aime jouer dans les festivals d’été. Le public y est plus détendu qu’à l’ordinaire. Les équipes de bénévoles sont touchantes et encourageantes. Elles se donnent corps et âmes pour la réussite de leur entreprise. Concernant Labeaume en musiques, j’ai entendu parler de la magie du lieu. Certes, jouer en plein air présente parfois des inconvénients, mais en la circonstance la musique pourra vibrer sous la voute céleste.

Vous allez interpréter des oeuvre de Wagner transcrites par Liszt et une sonate de Schubert. Merci d’apporter des précisions sur ce programme. Philippe Cassard : Liszt, par ses transcriptions de Wagner poursuivait un but pédagogique, faire connaître la musique symphonique dans les salons. Il a compris le lyrisme du maître de Bayreuth dont on fête le 200ème anniversaire de la naissance. La matière dont Liszt colore le piano ne fait regretter ni l’orchestre, ni les voix. Schubert a écrit la sonate que je vais interpréter 5 mois avant sa mort, à l’âge de 31 ans. Elle se caractérise à la fois par son énergie, son dynamisme – il est encore tout feu, tout flamme- mais cependant transparaît sa douleur, sa détresse, sa solitude en un mouvement lent qui serre le coeur.