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Édito & Billets d’humeur 2020-21

 

 

BILLETS D’HUMEUR | DÉCEMBRE

 

BILLET D’HUMEUR :  IL NOUS FAUT REAPPRENDRE A GOUTER LES SAVEURS DU MONDE !
Par Philippe Forget, directeur artistique de Labeaume en Musiques

…Même quand celui-ci nous devient hostile…

Les épidémies, les catastrophes naturelles, les guerres n’ont jamais entravé l’esprit ni la circulation de la pensée.
La pensée positive, constructive, artistique est entièrement au service de l’Autre, celui ou celle que je ne connais pas mais qui a besoin que j’œuvre vers elle ou vers lui.

Dès lors, le danger est extrême de se contenter de jouer à huis clos juste pour le seul maintien de la tradition mais aussi des privilèges qui sont accolés aux détenteurs de la dite tradition.
Car le message est terrible : le public ne serait pas… indispensable.
Nous faisons de la musique… entre nous !
Et nous vous donnons à voir le fruit de notre délicat entre-soi…

C’est mieux que rien, mais ce n’est pas valable. Cela ne compte pas.

Nous ne voulons pas « donner », nous voulons « offrir ». Et cela change tout : vers qui tendre la main et le regard ? Avec qui partager et se nourrir précisément de ce partage ? Tout faire, avec 1 musicien, demain 2, après demain peut-être 3, pour reconstruire ce lien sans lequel nous sommes amoindris.

Vivement la Vie et le Son retrouvés ! Quelle fête ce sera…

 

BILLET D’HUMEUR : « ACCOMPLIR L’UNITÉ TOUT EN RESPECTANT LA DIVERSITÉ DE CHACUN »
Par Thierry Thieû Niang, danseur, chorégraphe et metteur en scène

Il faut éprouver un geste du commun, l’élaborer et le reconstruire partout où c’est possible, dans les écoles, de la maternelle aux universités en passant par les collèges et lycées professionnels, dans les lieux de culture et les associations, dans les hôpitaux et les prisons avec et pour tous, toutes générations confondues.

Je vérifie chaque jour que l’art peut apporter aux êtres de la joie et du plaisir, mais aussi des outils sensibles, critiques et citoyens nécessaires pour aborder les questions du monde, de l’intime et d’ouverture aux autres.

Je conduis différentes expériences de création avec des enfants et des adolescents, des personnes avec des situations d’handicap ou encore des détenus, et je sais que quand des « êtres » ont dialogué avec d’autres imaginaires que les leurs, ils accèdent à une solidarité sensible et à l’acceptation de nouveaux points de vues pour permettre d’inventer et d’agir ensemble.

Les projets artistiques, amateurs et professionnels, sont de vrais chemins sensibles qui permettent de vivre la diversité, le dialogue et la création comme un enrichissement « nécessaire ».

« Accomplir l’unité tout en respectant la diversité de chacun est une idée non seulement de fond, mais de projet ». Edgar Morin

Travaillons tous à cet endroit avec chacun et tous, c’est aussi transmuer la plus grande solitude de chacun et de tous, en un endroit de partage et c’est se laisser traverser par les autres et se donner la possibilité de se transformer tout en restant fidèle à un geste intérieur, un souffle commun.

C’est être présent au monde en y renaissant sans cesse, toujours et ensemble.

Que la douceur du proche nous soulève !

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BILLETS D’HUMEUR | NOVEMBRE

 

BILLET D’HUMEUR : MAIN DANS LA MAIN !
Par Philippe Forget, Directeur artistique de Labeaume en Musiques

À l’heure où la pandémie s’enrichit d’un vocabulaire inouï (distanciation sociale, commerces essentiels…), il est du devoir de tous d’obtempérer à la règle édictée tout en recherchant chaque espace de liberté, de création et de partages possibles.
 
La distanciation sous-entend aussi bien notre capacité à nous séparer que celle de nous unir à nouveau. Or, réunir ce qui a été désassemblé ne se décrète pas. C’est un processus lent et délicat.
Quant à la notion « d’essentiel », eh bien dans la République qui est la nôtre, les Soins, l’Éducation et la Culture sont essentiels.
Nos publics, en milieux scolaires, en EHPAD, dans les lieux du spectacle vivant, ne participent ni à des partys, ni à des fiestas ni à des boums d’ados, mais ils contribuent activement à l’édification de ce ciment social irréfutable que représente la culture.
 
Nos élus ont la responsabilité de la santé publique tout comme celle de la cohésion de nos sociétés, urbaines ou rurales, bien mises à mal par des mois de crise et d’abandon de la socialisation.
Aidons nos élus, en citoyens responsables que nous sommes, à accomplir leurs devoirs tout en honorant les nôtres.
 
La culture ardéchoise, ce sont des milliers de chanteurs, d’instrumentistes amateurs, choristes, groupes de musiques actuelles, comédiens en troupes, danseurs, élèves d’écoles de musique, artistes professionnels…
 
Alors sans résignation et dans le strict respect des règles sanitaires, nous appelons à la co-construction de l’avenir de la culture vivante, notamment avec l’ensemble des élus de ce territoire auquel nous sommes profondément attachés.
 
Aujourd’hui, la prise de parole et le soutien moral de l’ensemble de nos élus est un gage attendu de la volonté politique de préparer l’avenir et d’encourager ou de réparer ce révélateur extraordinaire de la vivacité et de la créativité d’un territoire qu’est la culture et principalement le spectacle vivant.
Car la culture n’est pas un passe-temps pour les riches…
Elle est fondamentale dans la mise en œuvre même de notre devise républicaine.
Les artistes, professionnels et amateurs, sont avant tout des citoyens à part entière qui, à défaut d’être productifs veulent demeurer créatifs.
 
Eluard écrivit son célèbre poème « Liberté » non au lendemain de la guerre, dans la liesse et la paix retrouvée, mais au plus sombre des heures noires de l’occupation…
Sachons garder raison et ne cédons à aucun fatalisme, aucun catastrophisme, aucune facilité.
 
Main dans la main ? Mesdames et Messieurs les élus, les nôtres vous sont tendues.

 

BILLET D’HUMEUR : QUE VIVENT LES ART(TISTE)S !
Par Catherine Molmerret, Cheffe du Chœur d’Oratorio de Lyon

Enseignante à l’ENSATT, présente dans la Saison 2018-19 lors des concerts de Quartiers de Saison.

C’est lorsque notre corps nous lâche que l’on en comprend la sophistication intime et merveilleuse.
Cet « outil » que l’on ressentait comme un dû absolu devient tout à coup source de déséquilibre et de frustration… Il en est de même pour tout ce qui nourrit et enrichit notre « corps spirituel » : c’est lorsque les arts nous sont enlevés que l’on comprend à quel point ils nous étaient vitaux !
Comme pour notre propre survie matérielle, il nous faut nous battre sans compter et aussi longtemps que nécessaire afin qu’existent ces nourritures immatérielles, et pourtant indispensables, que sont la musique, le théâtre, les arts plastiques, chorégraphiques, littéraires, etc.
Faisons tous ensemble en sorte que vivent les artistes qui en sont le médium et le public qui en est le rayonnement !

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ÉDITO | 2020-2021

 

Une saison en enfer ? Certainement pas !

 

Labeaume en Musiques est ancrée en Ardèche, à vos côtés, tambour battant et trompettes claironnantes !

Nous nous accommoderons du contexte pour accueillir artistes et public et faire vibrer le spectacle vivant.

Les Journées du Patrimoine ont permis d’entendre l’Ensemble Tarentule voyager au gré des Madrigaux de Carlo Gesualdo.
Le compositeur Fabrice Boulanger vous offrira, sur les ondes et dans vos foyers, deux contes musicaux destinés à toutes les oreilles : humour sonore à partager dès cet automne en famille.
Franz Schubert sera l’un des fils rouges de notre saison : musique de chambre, lieder… Tout l’amour du monde en quelques concerts.
Leçons de Ténèbres de Francois Couperin, Sept Dernières Paroles du Christ de Joseph Haydn, Fiesta de Navidad en Bolivie, Larmes de Saint Pierre de Roland de Lassus, Ciné-Concert autour de Buster Keaton…
Nous donnons de la voix, haut et fort, heureux de notre liberté retrouvée après ce printemps silencieux.
Fiers de notre itinérance et de notre créativité.

Nous étions faits pour nous rencontrer…

 

Philippe Forget,
Directeur artistique de Labeaume en Musiques